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Culture Ce Faubourg Québec où j’ai pris racine

Par le 22 mai 2017

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Épicerie rue Logan

19th century house, Mtl

Je suis d’une espèce rare : un Montréalais de vieille souche. Par mon père, c’est plus de 250 ans sur l’Ile de Montréal, par ma mère, la lignée paternelle nous ramène à la Grande Recrue de 1653 et j’ai même trouvé un ancêtre dans une lignée secondaire qui est arrivée avec Paul Chomedey de Maisonneuve et Jeanne Mance. Montréalais, mais pas néanmoins montréalocentriste. Très tôt dans le mouvement étudiant, j’ai appris qu’il n’y avait pas ‘Montréal et les régions’, mais les régions de Montréal, de Québec, de la Mauricie, etc.

Mais immanquablement quand je reviens d’un long séjour à l’étranger, j’ai hâte de revoir les rues si familières de ma ville et d’entendre la langue de Tremblay. J’ai toujours su depuis l’adolescence que je vivrais à Québec, ce que j’ai fait au début des années 2000, je rêve souvent de m’établir plus près de la mer quelque part dans l’estuaire ou le golfe du Saint-Laurent, mais c’est ici que sont l’essentiel de mes racines.

À l’occasion du 375e anniversaire de la métropole du Québec, je vous invite dans cette série de chroniques que j’entreprends aujourd’hui à découvrir ou à redécouvrir cette métropole francophone si unique dans les Amériques

 

 

Revenir au Faubourg Québec

Je me demande parfois si comme certaines espèces animales, nous ne gardons pas en mémoire génétique le souvenir de lieux où ont vécu nos parents, grands-parents, arrière-grands-parents et ancêtres. Cette idée m’est venue en constatant que mes premières explorations à bicyclette de la ville m’avait ramené aux lieux d’enracinement de ma famille à Montréal. Après m’être entiché de balades le long du boulevard Gouin à travers les anciens villages du Sault-au-Récollet, Rivière-des-Prairies  et de Pointe-aux-Trembles d’où vient la famille de mon père et aussi les Taillefer et les Corbeil du côté de ma mère, mon exploration de la ville m’avait amené dans le faubourg Québec, le ‘bas de la ville’ malfamé comme l’appelait ma grand-mère Gagnon du haut du Plateau-Mont-Royal où, modeste couturière, elle avait passé l’essentiel de sa vie. C’était avant qu’on cherche à le moderniser en rejetant les noms historiques Faubourg Québec, Faubourg Saint-Laurent rappelant la vieille ville emmurée, pour se défaire du péjoratif, mais savoureux ‘faubourg à m’lasse’ et le remplacer par une appellation bureaucratique froide, le ‘Centre-Sud’. En me dirigeant vers le fleuve, je m’étais arrêté coin Dorion et Dorchester (aujourd’hui René-Lévesque) en me disant que jamais je n’habiterais sur cette rue glauque et austère d’anciennes maisons ouvrières et sans arbre, toute en contraste avec les belles avenues verdies de Rosemont où j’ai vécu jusqu’à l’adolescence. Ironie du sort, c’est exactement là quelques années plus tard que je louerais mon premier appartement il y aura 40 ans cette année dans une ancienne conciergerie infestée de souris aujourd’hui remplacée par des condos.

Ce sont mes études au cégep du Vieux-Montréal et le désir de partir avec ma copine qui m’avaient amené dans ce quartier parmi les plus pauvres à Montréal. J’avais découvert toute sa pauvreté quelques années plus tôt en aidant mon frère qui travaillait dans un projet d’Initiative locale, rue de Champlain. J’avais alors visité une dame qui vivait dans un fond de cour, ces anciennes écuries transformées en logement… dont le plancher était encore en terre battue, des conditions dignes du Tiers-Monde au cœur de Montréal au début des années 1970.

La naissance du Village

Après ce premier logement étudiant de misère, nous avions déménagé dans un beau 5 ½  typique des quartiers du début du XXe siècle avec son escalier extérieur, rue De Champlain,  près de TVA. C’est là que j’ai assisté à la naissance du Village.  Avec l’ouverture des premiers commerces gais dont Priape qui était à l’époque coin De Champlain dont les vitrines sensuelles ont éveillé mes premiers désirs homosexuels.

Le quartier était aussi à l’époque investi par des gais qui achetaient pour une bouchée de pain les vieilles maisons à mansarde du faubourg pour les restaurer et les habiter. Les gais investissaient cet espace urbain dévitalisé par les expropriations massives pour construire Radio-Canada et l’autoroute Ville-Marie après la désindustrialisation du port.

Privée d’une bonne partie de sa population ancienne, la rue Sainte-Catherine, dans ce secteur une rue commerciale de quartier, comptait de nombreux locaux vacants à proximité du métro ce qui favorisa le déplacement de la vie gaie de l’Ouest vers l’Est en permettant à bon prix d’ouvrir des bars gais, une activité encore largement underground quelques années après la décriminalisation de l’homosexualité.

Ce faubourg XIXe

C’est durant ces années que j’ai découvert les charmes de ce quartier ancien construit largement au XIXe siècle, de cet urbanisme, de cette architecture particulières antérieures à l’automobile et qu’on observe encore aujourd’hui. Les portes cochères bien sûr, mais surtout ces logements principaux construits sur deux étages au-dessus du rez-de-chaussée… car les gens plus aisés évitaient le crottin des chevaux et pouvaient profiter ainsi du maximum d’air et de lumière. Des maisons construites la plupart du temps presque sur le trottoir, mais avec des cours immenses une fois les écuries abattues.

Autre différence avec les quartiers du début du XXe siècle, ici les ruelles si communes à Montréal, se limitent aux rues commerciales. En l’explorant, on réalise aussi qu’avant l’automobile, la mixité sociale dont on parle tant aujourd’hui pour contrer la gentrification, était la norme. Les rues avec de fiers bâtiments institutionnels  et résidences autrefois cossues en pierres de taille grises typiques de Montréal côtoient les rues voisines où s’alignent les  maisons ouvrières toutes simples. En empruntant l’axe de la rue Sainte-Rose au sud de Sainte-Catherine, tantôt rue, tantôt sentier pédestre, vous remarquerez cette alternance qui séparait les classes sociales dans le même quartier. En arpentant, la rue Dalcourt qui croise Sante-Rose entre Alexandre-de-Sève et Plessis, vous découvrirez les anciennes résidences de domestiques qui travaillaient dans les maisons bourgeoises construites autour du parc Campbell et de l’église Sainte-Brigide.

Explorer l’ancien Faubourg Québec où le Village s’est développé, c’est aussi découvrir sa riche histoire culturelle. Le Théâtre National, le plus vieux théâtre encore existant à Montréal, longtemps dirigé par Rose Ouellette, la Poune, la première ‘drag king’ du Québec, tout près de l’ancien Ouimetoscope, le premier cinéma à Montréal (dont il ne reste plus qu’une plaque commémorative), la maison de Marius Barbeau devenue La Loggia Art & B sur la rue Amherst. C’est dans un café de cette rue où fut lu pour la première fois en public le Refus Global.

C’est aussi un quartier alternatif où sont nés de nombreux mouvements sociaux et politiques, l’Université ouvrière, l’Association humanitaire d’Albert Saint-Martin, où les mouvements anarchistes, communistes, féministes, écologistes établirent leurs premiers locaux, un faubourg tellement en marge qu’il avait fait fuir la très catholique Université de Montréal au milieu du XXe siècle.

L’Écomusée du Fier Monde, rue Amherst, vous permettra de découvrir la riche histoire de ce quartier. Mais il est à espérer que la Ville de Montréal qui entend redévelopper la frange sud de ce quartier, du carré Viger aux abords du pont Jacques-Cartier saura mettre en valeur le riche patrimoine jusqu’à ce jour négligé de ce quartier, le seul faubourg encore largement préservé de Montréal.

Ce faubourg où j’habite toujours, occupe une place particulière dans notre enracinement familial à Montréal. Car c’est dans ce quartier, je l’ai appris par mes recherches beaucoup plus tard, que mon arrière-grand-père Régis Gagnon s’est d’abord installé en quittant l’ancien village du Sault-au-Récollet sur le boulevard Gouin en 1895 pour s’installer ‘en ville’. Par quel étrange retour de l’histoire ai-je refait moi-même ce trajet du boulevard Gouin vers le Faubourg Québec 82 ans plus tard?

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