Biographie


A graduate of l’École de danse du Québec in 1989, Harold Rhéaume first worked with Danse Partout (Québec) before joining the ranks of the prestigious Dance Lab Group in Ottawa. Under the guidance of Peter Boneham, he began exploring the fundamentals of dance performance and choreographic creation. He settled in Montréal in 1993 and rapidly gained recognition. In 1997, La Presse newspaper said that "…when he dances, Harold Rhéaume radiates such intensity that he seems larger than life, …he is among those who dance to say things and move you." Like Robert Lepage, Rhéaume returned to Québec city, founding his company Le fils d’Adrien danse (his father’s name) in Saint-Roch, which was at the time transforming into a culturally vibrant neighborhood.

With his humanism as well as his interest in clarity of intent, Harold Rhéaume distinguishes himself from other formal and conceptual trends. His pieces are inventive and refined without ever being pretentious. Inspired by day to day life, Rhéaume works from instinct and spontaneity and has a wide spectrum of influences including musicals, theater, painting, modern architecture, jazz and contemporary music. He also distinguishes himself in having his dancers be part of the creative process. Their personalities and personal experiences, and even their limits, are of much importance in shaping the shows.

Openly homosexual, the choreographer responds with humor when a journalist asks him if all contemporary dancers are gay : "That is wholly exaggerated. I’d say 90%!"

In addition to the choreographic work with his own company, Harold Rhéaume has worked with Cirque du Soleil and contributed to theater, cinema and opera. He is a teacher of physical expression at the Conservatoire d’art dramatique de Québec, as well as choreographic creation at l’École de danse de Québec and l’École de danse contemporaine de Montréal.

Depuis plusieurs années, sa présence dans de nombreuses productions, autant au théâtre qu’au cinéma ou à la télévision, en ont fait un enfant chéri des Québécois. Nommé comme l’un des meilleurs acteurs de sa génération, Benoit McGinnis épate à chacune de ses performances. Artiste au profil plutôt discret, il se glisse facilement, tel un caméléon, dans la peau des personnages qu’il incarne. Avec sa récente nomination comme directeur artistique du prestigieux Théâtre du Rideau Vert de Montréal, il franchit une nouvelle étape de sa carrière déjà bien établie, en passant de l'autre côté de la scène.

C’est à Laval, où il est né en 1978 et où il a grandi, que le comédien Benoît McGinnis rêvait à son avenir, sur le terrain où passaient les lignes d’Hydro-Québec. Ado, Il découvre le jeu en regardant Avec un grand A de Janette Bertrand, une émission où de nombreux acteurs se fondaient dans des personnages dramatiques pour le grand public.

Depuis sa sortie de l’école nationale de théâtre, Benoit McGinnis a joué dans près d’une quarantaine de pièces sur les plus grandes scènes montréalaises. Ses rôles dans Des souris et des hommes (2018-2020), dans Being at Home with Claude (2014) et dans Caligula, (2012-2013) ont été particulièrement remarquables. Plus récemment, en 2024, c’est en incarnant le mathématicien homosexuel Alan Turing, que Benoît McGinnis a une fois de plus épaté la galerie. La machine Turing, avec un traitement bien différent que celui présenté au cinéma dans Le jeu de l’imitation, oscarisé en 2015, jette davantage la lumière sur l’homme, que sur sa science. Et c’est précisément cet angle de la proposition qui a attiré l’acteur.

Benoit McGinnis

Chanteur hors pair, Benoit McGinnis a prêté ses traits pour diverses productions musicales., dont Demain matin, Montréal m’attend (2017-2018). Toutefois, c’est sa prestation dans la peau de Hedwig, personnage culte du théâtre musical Hedwig et le pouce en furie, en 2023, qui nous dévoile un autre volet de son immense talent.

En plus de ses diverses participations dans des téléséries populaires, souvent dans des rôles misant sur sa sensibilité et sa fragilité, Benoit a touché au cinéma dans quelques films d’ici. À l’animation télé, depuis 2021, il a coanimé le magazine culturel Retour vers la culture à Radio-Canada et ARTV, un rôle qui l’a rendu heureux et qui plaît bien aux téléspectateurs.

Benoit McGinnis

En août 2025, il devient le directeur artistique du Théâtre du Rideau Vert de Montréal, prenant la relève de madame Denise Filiatrault qui a occupé cette fonction pendant 21 ans. « Le TRV doit continuer de présenter des œuvres accessibles et populaires, tout en s’inscrivant dans notre contemporanéité », affirme-t-il avec cœur.

Comédien, metteur en scène, réalisateur, directeur artistique, dramaturge… ce caméléon artistique est Diplômé de l’École nationale de théâtre du Canada, à Montréal, en 1980. René Richard Cyr a rapidement été plongé dans une carrière qui l’a amené à performer et à exceller dans une diversité de domaines, dont le théâtre et le cinéma.


Humaniste, grégaire et polyvalent, il investit son intelligence, son talent et sa sensibilité dans plusieurs sphères de la culture québécoise. Récompensé de nombreux prix, son parcours, où se côtoient spectacles populaires et œuvres exigeantes, comprend 125 mises en scène pour le théâtre, l’opéra et les variétés.

René Richard Cyr
Homme de théâtre et de télévision aux multiples talents, René Richard Cyr n'hésite pas à explorer toutes les facettes de son métier. Il agit toujours avec ferveur, sensibilité, rigueur et humanité.


Il est en couple avec le même homme depuis plus de 25 ans. On l’a vu jouer à quelques reprises des rôles en lien avec des personnages gais, des travestis et autres rôles en lien avec la communauté LGBT+. Il a également joué des personnages qui sont très loin de lui, et il a parfois l’impression d’être un « moteur haute résolution ».

 
René Richard Cyr est un homme de théâtre complet, un homme de spectacle passionné. René Richard Cyr est derrière de nombreuses autres productions théâtrales marquantes, dirigeant des œuvres d’ici et d’ailleurs, de Molière à Brecht, de Michel Marc Bouchard à René Daniel Dubois. Il a également assuré la direction artistique de divers spectacles musicaux, notamment de Diane Dufresne et Céline Dion. Il a créé, avec Dominic Champagne, Zumanity, le cabaret érotique du Cirque du Soleil présenté à Las Vegas depuis 2003, en plus de signer la mise en scène de quelques grands opéras, parmi lesquels Don Giovanni de Mozart et Macbeth de Verdi produit à Montréal, Melbourne et au prestigieux Opéra de Sydney.

 
En 2010, il concevait l’adaptation et la mise en scène des Belles-Sœurs, le théâtre musical, un spectacle qui a été louangé par tout le monde. Il a dirigé au TNM Caligula et Demain matin, Montréal m’attend — qui lui valait pour la cinquième fois le Félix du metteur en scène de l’année décerné par l’ADISQ — ainsi que les nouveaux spectacles de Luc Langevin et Fred Pellerin avec l’OSM, Les jours de la semelle.

René Richard Cyr
René Richard Cyr fut directeur artistique et codirecteur général du Théâtre d’Aujourd’hui de 1998 à 2004. Il a également assuré la codirection artistique du Théâtre PÀP de 1981 à 1998.


Enfin, en 2023 il reçoit l’honneur d’être décoré Compagnon de l'Ordre des arts et des lettres du Québec.

Est-il un nom qui soit aussi intimement associé à l’Acadie que le nom d’Antonine Maillet ? En créant le personnage maintenant légendaire de La Sagouine aux débuts des années 1970, Antonine Maillet redonnait ses lettres de noblesse à la langue populaire de l’Acadie, cette patrie sans frontières précises de ce peuple francophone né dans l’Atlantique canadien.
Après avoir obtenu son doctorat en littérature de l’Université Laval en 1970, Antonine Maillet a enseigné la littérature et le folklore à l'Université Laval, puis à Montréal entre 1971 et 1976. Elle a ensuite travaillé pour Radio-Canada à Moncton, en tant que scénariste et animatrice.
En 1976, elle a été faite officier de l’Ordre du Canada et a été promue compagnon en 1981. En 1979, son roman Pélagie-la-Charette qui évoque le Grand Dérangement de 1755 (la déportation génocidaire des Acadiens par les Britanniques) a remporté le Prix Goncourt, lui donnant la distinction d'être, avec Atiq Rahimi, la seule personnalité non européenne à qui a été décerné ce prix. La même année, la ville d’Outremont a renommé la rue Wilder où elle habite en avenue Antonine Maillet, afin d’honorer la récipiendaire du Prix Goncourt.
En 1985, elle a été faite officier de l’Ordre des Arts et des Lettres de France et en 2005 elle a été intronisée à l'ordre du Nouveau-Brunswick. Chancelière de l’Université de Moncton, elle est l'auteure de nombreux romans et pièces de théâtre très populaires. Dans ses œuvres, c’est toujours l'histoire et le folklore de l’Acadie qui l'inspirent.
Dans le documentaire de Ginette Pellerin ‘Les possibles sont infinis’ qui lui est consacré, Antonine Maillet parle pour la première fois publiquement du grand amour de sa vie Mercédès Palomino, cofondatrice avec Yvette Brind’amour du Théâtre du Rideau Vert à Montréal où fut monté pour la première fois La Sagouine en 1972.
Antonine Maillet à Acadie Love
En 2018, à l’aube de sa 90e année, Antonine Maillet participait à la deuxième édition d’Acadie Love à Caraquet. C’était la première fois que la célèbre écrivaine s’associait à un événement LGBT.

Pierre Perreault


Le même jour, ce vendredi 22 avril, deux géants de l’histoire récente du Québec ont tiré leur révérence.
L’un était le joueur-vedette des Nordiques et du Canadien, un chouchou des Québécois depuis belle lurette, le hockeyeur Guy Lafleur. Après un virulent cancer.
L’autre, moins connu de Monsieur et Madame Tout-le-monde, mais une vraie star dans le monde du nightlife montréalais depuis le début des années 1970, le dj Robert Ouimet, l’inventeur du mixage de deux pièces musicales et une encyclopédie vivante de la musique disco, que la discothèque Limelight a fait connaître et qui a attiré des foules dans ce temple du disco jusqu’en 1983. Il a été retrouvé sans vie chez lui par un ami au cours des heures qui ont précédé l’annonce vendredi matin.

Robert Ouimet
Pour plusieurs, le Godfather du nightlife montréalais


DJ Robert Ouimet a été couronné DJ de l’année par les magazines Rolling Stone et Billboard en 1979, alors qu’il vivait ses heures de gloires au Limelight de la rue Stanley. « Son flair musical est indéniable, et les milliers de personnes rassemblées dans la discothèque pouvaient en témoigner », raconte Guy Aubry, un animateur de radio vedette de l’époque. « Robert Ouimet est un secret bien gardé à l’extérieur des cercles disco. Mais les véritables mélomanes savent qu’il est reconnu comme étant le parrain du disco à Montréal. Du jeudi au dimanche, le DJ s’installe derrière les platines et fait danser des milliers de personnes au mythique club ».
Yvon Lafrance, copropriétaire du Limelight, se souvient de l’avoir découvert alors qu’il jouait dans un club de la rue Guy et de lui avoir offert de passer dans son nouveau club. Les années qui ont suivi n’ont pas fait mentir le bon feeling qu’il avait eu en faisant ce choix. « Son talent de disc-jockey et son statut au Limelight lui valent des primeurs. À l’époque, les promoteurs distribuent directement leurs vinyles aux DJ dans les discothèques afin de tester la réponse des fans. Si le morceau fonctionne sur la piste de danse, il a de bonnes chances de se retrouver à la radio commerciale par la suite. Sortir au Lime Light est donc l’occasion d’entendre les sonorités les plus avant-gardistes de l’industrie. »

Robert OuimetRobert Ouimet
Robert Ouimet se rendait à New York presque chaque semaine pour découvrir les nouveautés avant qu’elles n’arrivent à Montréal. Puis il revenait au Limelight la fin de semaine faire découvrir ses trouvailles. « « Bien avant que les radios jouent I Feel Love, de Donna Summer, je la faisais jouer, assure Robert Ouimet dans une entrevue pour un reportage sur Montréal, la reine du disco, à Radio-Canada, en décembre 2019. J’allais aux sources, j’étais souvent à New York. Je rencontrais les promoteurs, qui me donnaient des disques, et je faisais partie des premiers à les recevoir. J’avais une boîte qui m’attendait toutes les semaines. »
Le premier mixeur au Québec
« Sa contribution fut également d’avoir vraiment été le premier [au Québec] à mixer [deux disques] sur le tempo — avant lui, les DJ laissaient jouer un 45 tours et, lorsque la chanson se terminait, sur la fin, ils en partaient un autre », explique Pierre Gagnon, membre du trio PAJ Disco Mix qui, entre 1976 et 1978, confectionnait sur ruban magnétique des montages uniques de chansons disco que Ouimet diffusait ensuite dans ses soirées.
Sa carrière ne s’est pas terminée après la chute de la musique disco dans les années 80. Bien au contraire. Après avoir quitté le Limelight, Ouimet a jeté son dévolu sur le new wave, puis embrassé le mouvement house dès ses balbutiements à Chicago, à Détroit et à New York
Tout en poursuivant sa carrière de DJ, Robert Ouimet s’est tourné dans les années 1990 vers la production musicale et la réalisation, notamment avec le compositeur Miguel Graça ; le duo, sous le nom Red Light, a obtenu plusieurs succès sur les planchers de danse, notamment avec la chanson Thankful, Juno du meilleur enregistrement dance en 1994.
Jusqu’à son décès, il proposait encore des sessions musicales sur ACXIT Radio et collaborait avec Christian Pronovost sur les événements Mundo Disko, qu’on a pu découvrir lors du Festival Fierté Montréal au cours des dernières années.
Les hommages pleuvent de la part des collègues DJ
Dans une entrevue au journal Le Devoir ce vendredi, le musicien et DJ Christian Pronovost, autre figure de proue du nightlife de la métropole, dit avoir tout appris du métier aux côtés de son idole, devenu ami et collaborateur. « Il m’a montré, à moi et beaucoup d’autres DJ à Montréal, ce que c’était que d’avoir de la vision. Il disait : “ Si la musique existe, elle doit être jouée.” » Ce à quoi Robert Ouimet s’est consacré pendant plus de 50 ans.
« Dans les années 1970, Montréal avait beaucoup de clubs et d’excellents DJ, mais Robert Ouimet était dans une classe à part », explique Pronovost en se rappelant ses nuits passées au Limelight, rue Stanley. « Il fut le premier à gagner le respect de tous les autres DJ en ville, c’était un intouchable. Robert ne se contentait pas de jouer les disques simplement pour faire danser les gens : il était convaincu qu’il y avait de la musique qui méritait d’être partagée. »
D’autres DJ qui ont été près de lui ont rendu hommage à leur collègue sur leurs pages Facebook :
« Une très triste nouvelle pour moi ce matin d’apprendre le départ du Godfather de l'industrie et du Nightlife à Montréal , du Disco et de la musique électronique. Tu étais une vraie source d’inspiration. Repose en paix Robert Ouimet. Merci pour toutes les belles discussions avec toi et de ce que tu as fait pour moi ». (Scott Free, dj)
« Une grande inspiration, très grande, j’allais le voir chez Gil’s Music sur Beaubien, au début du Garage, au Lime où j’ai tombé en bas du speaker en dansant sur Planet rock, au Lime ça sonnait… » (Robert de la Gauthier, dj)

Mathieu Laca est né à Laval où il habite toujours. Dès l’âge de 17 ans, une première série de ses œuvres est exposée à la Maison des Arts de Laval. En 2002, il reçoit le Prix du conseil de la culture de Laval et est sélectionné par Marc Séguin pour prendre part à l’exposition collective Génération Montréal où est réunie la crème de la jeune peinture montréalaise. Mathieu obtient un baccalauréat en arts visuels de l’Université Concordia en 2005.

Il est d’abord reconnu pour de grandes fresques baroques à la violente charge homoérotique qu’il exposa principalement à Ottawa ainsi qu’à Québec. Cette veine créatrice fit de lui une véritable tête d’affiche de la presse gaie. En juillet dernier, le plus grand magazine gai allemand Männer lui consacra une double page.

Au cours des dernières années, son travail s’est concentré principalement sur le portrait dont il s’amuse à briser les conventions. Échec volontaire de la ressemblance, distorsions, dédoublement et dissolutions constituent son attirail privilégié de moyens plastiques. Il représente souvent des artistes, des écrivains ou encore des musiciens célèbres tels que Jean Genet, Pasolini, Tchaïkovski, Andy Warhol, Caravage, Virginia Woolf pour n’en citer que quelques-uns. Les expositions Mort ou vif et Autoportrait en femme à la défunte galerie Modulum à Montréal en 2012 et 2013 témoignèrent de l’engouement particulier de l’artiste pour le portrait et les représentations à très haute tension dramatique. Ses œuvres les plus récentes mettent en scène l’homme et l’animal habitant dans un respect mutuel un monde aux accents surnaturels et aux couleurs improbables.

Ses oeuvres font déjà partie de collections publiques et privées au Canada, aux États-Unis, en Norvège, en Allemagne et en Israël.

Mathieu Laca L'invention d'un visage

En 2023, l'artiste-peintre ajoute une nouvelle corde à son arc en lançant un premier roman chez Leméac, L'invention d'un visage.

https://youtu.be/d1Czcv4yPYk?si=_mIqz_kGk9sBU0Wz

Née en 1925 dans le faubourg Ste-Marie où son père tenait commerce, Janette Bertrand est une femme de cœur, de lettres et d’idées, une personnalité québécoise parmi les plus admirées de tous les temps, Janette Bertrand a été plusieurs fois honorée pour son impressionnante carrière, tour à tour littéraire, radiophonique, télévisuelle et théâtrale, amorcée au début des années 1950. Que ce soit à titre de journaliste, d’écrivaine, d’animatrice ou de scénariste, elle a passé, avec beaucoup de justesse, ses messages engagés en faveur de l’émancipation et de l’épanouissement des femmes, mais aussi des personnes LGBT, des personnes âgées et des personnes vulnérables. Elle a écrit plus d’une vingtaine de livres, dont la plupart concernent les relations de couple et les réalités de la femme. Communicatrice accomplie, dépassant les préjugés, «brassant la cage» avec doigté et douceur, elle a marqué l’histoire du Québec et celle des femmes. Avec une profonde empathie et une volonté sincère de mieux comprendre les réalités humaines, elle a mené sa propre révolution. Janette Bertrand a eu le courage d’ouvrir le dialogue à une époque où c’était improbable. Elle a encouragé publiquement les femmes à sortir du carcan qui les confinait depuis des siècles. Encore aujourd’hui, Mme Bertrand inspire des générations de Québécoises et de Québécois. En 2003, elle devenait la première récipiendaire du Prix de lutte contre l'homophobie remis par la Fondation Émergence. En 2023, la réalisatrice Geneviève Tremblay nous offre le documentaire Janette Bertrand à l'aube d'être centenaire qui souligne cette remarquable contribution de Janette Bertrand à la démystification des réalités LGBT.

https://youtu.be/gUpgYDYLjyo?feature=shared

Janette Bertrand a eu 100 ans en mars 2025. Tout le Québec a honoré sa vitalité, son parcours unique et son impact important sur la société québécoise à maints égards. Son ami de longue date, Michel Dorais, professeur émérite à la retraite de l’Université Laval, Expert-conseil, sociologue de l'intimité et de la sexualité, a rédigé ce portrait et ce profil historique auquel il a été associé de près pendant une bonne partie de la carrière de Janette.

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Janette Bertrand est née et a grandi rue Ontario, entre les rues Frontenac et Iberville, dans ce qu’on appelait à l’époque la Faubourg à M’lasse (contraction de mélasse). Elle-même utilise d’ailleurs ce terme dans sa biographie Ma vie en trois actes. La proximité du port, où étaient alors déchargés les barils de mélasse, pourrait expliquer le nom donné à ce quartier. Certains croient plutôt que c’est la grande consommation de mélasse, pas chère, par les familles ouvrières qui serait à l’origine de cette appellation, dès le 19e siècle. Une murale à l‘effigie de Janette Bertrand a été d’ailleurs inaugurée, en sa présence, rue Ontario coin Montgomery, à l’automne 2024.

Janette 100 ans

Ce quartier est aussi celui où se trouvent encore aujourd’hui les studios de Télé-Québec, d’où les émissions les plus célèbres de Janette Bertrand, comme Parler pour parler et Avec un grand A, étaient enregistrées et diffusées. C’était donc tout près du magasin de vêtements jadis tenu par son père. Avoir vécu son enfance et son adolescence dans un quartier ouvrier a amené l’animatrice à côtoyer les gens humbles, qui sont souvent les plus vrais. Ce qui l’a marquée.

Comme jeune journaliste, elle s’est rapidement intéressée aux personnes en questionnement ou en souffrance, faisant de son mieux pour les soutenir à travers la chronique Le refuge sentimental qu’elle a tenu de 1953 à 1969 dans Le Petit Journal, hebdomadaire en ce moment-là très lu. Sa réputation d’avoir une grande oreille, hyper attentive, remonte à cette époque, alors qu’elle répondait avec compassion aux nombreuses lettres qu’elle recevait.

Bien que plus jeune qu’elle, le hasard de la vie a fait que nous sommes nés dans le même coin, ce qui a sans doute contribué à notre amitié : au propre comme au figuré, nous parlons la même langue. Nous sommes aussi deux personnes assoiffées de nouvelles connaissances, boulimiques de lecture, ayant compris très tôt dans la vie que le savoir était une porte d’entrée sur le monde, quelles que soient nos origines sociales. Comme faire le pas de la lecture à l’écriture est parfois tentant, nous avons aussi cela en commun, en plus d’aborder des sujets sensibles, voire tabous. Puisque Janette Bertrand aime beaucoup encourager les autres à écrire, elle fut et demeure sur ce plan non seulement un modèle mais une fabuleuse mentore.

Comme les studios des grandes chaînes de télévision logent dans le quartier gai, voisin du Faubourg à M’lasse, je peux témoigner de la surprise des gens de la voir attablée dans un petit resto du Village à l’heure du dîner en revenant d’un enregistrement d’émission. Prendre un repas à ses côtés est presque une aventure : tout le monde veut lui parler, la remercier de ce qu’elle a fait pour le Québec. Les personnes LGBT en particulier lui sont très reconnaissantes d’avoir été la première à parler positivement de leurs réalités à la télé, à des heures de grande écoute, invitant pour ce faire des gens de leurs communautés.

Nul besoin d’être une vedette pour se retrouver aux émissions de Janette Bertrand ! Cette simplicité et cette humilité qui la caractérisent depuis toujours ont beaucoup contribué à son succès. Avant d’être un trésor national, elle fut et demeure un porte-voix pour les personnes marginalisées de tous âges.

Janette 100 ans Photo : page Facebook de Michel Dorais

Michel Dorais, professeur émérite de l'Université Laval à la retraite,
Expert-conseil, sociologue de l'intimité et de la sexualité

Il a consacré une grande partie de sa vie, avec son conjoint, au soutien et au développement de la vie et des activités de la communauté gaie de la région de Québec. Son engagement dans la lutte contre le SIDA, entre autres, en a fait un allié important de l’organisme MIELS-Québec avec qui il a collaboré pendant longtemps comme homme d’affaires et citoyen concerné.

Le 2 janvier dernier, à sa résidence de Québec, Yvon Pépin, le fondateur du célèbre Sauna Hippocampe de la rue MacMahon, dans le Vieux-Québec, est décédé à l’âge de 89 ans. Entre les années 1960 et 2021, M. Pépin a été propriétaire de plusieurs établissements accueillant les membres de la communauté LGBTQ+ et leurs amis à Québec. Depuis quelques années, il vivait une retraite bien méritée.

Yvon Pépin

Ceux qui l’ont connu savent que c’était un homme d’une nature humble et généreuse. Il a investi dans des entreprises pour la clientèle gaie à une époque où ce n’était pas évident de s’identifier à cette communauté.

La vie gaie a pris racine dans le Vieux-Québec. Le Sauna Hippocampe, rue Mac Mahon, où furent tournées des scènes du film Le Confessionnal de Robert Lepage, a été en opération pendant 48 ans. L’établissement réputé mondialement avait connu quelques transformations au fil des années et était devenu un hôtel pour hommes seulement. Il a fermé ses portes définitivement le 27 septembre 2021, durant la crise de la COVID 19. Les propriétaires ont toutefois mentionné à la presse qu'après 50 ans de bons services ils souhaitaient simplement passer à autre chose.

Pour l’organisme MIELS-Québec, cette fermeture fut un moment difficile puisque c’était un lieu privilégié depuis de nombreuses années pour la tenue de campagnes de sensibilisation au VIH et des cliniques de dépistage. De plus, l’Hippocampe agissait comme un acteur important du financement de l’organisme.

Yvon Pépin

Yvon Pépin avait d’abord été tenancier de plusieurs bars gais à l’époque où l’homosexualité se vivait toujours dans la quasi-clandestinité. En 1960, il est propriétaire de la Taverne Sélect au Carré d’Youville, qu’il conservera jusqu’en 1965, alors qu’il lancera le Kajama, un bar-lounge spectacles, situé sur la Côte d’Abraham, où se produiront des vedettes populaires du Québec et d'ailleurs.

Le Kajama sera exproprié en 1969 pour permettre la construction de l’autoroute. La même année, Yvon Pépin ouvre l’Alouette, au 1169, Saint-Jean, un mini-complexe de trois étages qui devient rapidement très populaire. Au premier plancher, on retrouvait un restaurant; au second, un salon-bar avec juke-box et danse (premier permis de danse pour gais à Québec!); et, au troisième, une discothèque. Il le conservera pendant dix ans.

Rappelons qu’à l’époque, les bars fermaient à minuit le dimanche, à 2h du lundi au vendredi et à 3h le samedi.
En 1971, il procède à l’ouverture de l’Intendant, une vaste discothèque avec gogo boys, sur la Place Royale, près de l’église Notre-Dame-des-Victoires. Les 5 @ 7 du dimanche après-midi étaient très courus. En 1973, l’Intendant devient le Sieur de la Gorgendière et conserve sa vocation de discothèque jusqu’en 1981. On y ajoute des systèmes de son et d’éclairage avant-gardistes pour l’époque ainsi que la tenue d’activités spéciales à divers moments de l’année.

En 1973, à la suite des commentaires de clients qui voyageaient un peu partout et qui lui vantaient les saunas fort populaires aux États-Unis et en Europe, et après avoir lui-même constaté de quoi il en retournait, Yvon Pépin se risque dans une aventure en ouvrant le Sauna Hippocampe dans une ancienne église protestante, où logeait alors un studio de culture physique. Après de longues tractations de six mois avec la Ville de Québec, plutôt réticente à l’installation de ce genre de commerce, le maire Gilles Lamontagne, la veille de l’inauguration, permettra qu’on accorde le permis. Ouvert 24 heures par jour et avec ses 25 chambres, il devient rapidement un endroit de prédilection pour la clientèle gaie.

Yvon Pépin

Yvon Pépin fut un témoin et un acteur privilégié de ce qui faisait les nuits chaudes de la communauté. Ils sont quelques-uns, en effet, à avoir marqué l’évolution de la communauté gaie de l’époque, ce qui a permis à celle-ci de se développer et d’être ce qu’elle est devenue ensuite. Cela ne s’est pas accompli sans embûches. Il a fallu que des individus tenaces, comme lui et quelques autres par la suite, osent et réussissent à franchir les obstacles.

À Québec, dans la communauté LGBTQ+, le nom de Yvon Pépin n’est pas très connu. Ce fut quand même l’homme le plus important. Il fut vraiment un pionnier. Il ouvrait des bars à une époque où les hommes n’avaient pas encore le droit de se toucher sur le plancher de danse et que les policiers surveillaient ça.

Les détails sur les obsèques seront dévoilés sous peu. En attendant, la direction et l’équipe des Guides GQ offrent leurs sincères condoléances à son conjoint, Gilles, avec qui il était en relation depuis 60 ans, ainsi qu’aux membres de la famille.

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SOURCES : MIELS-Québec, Fugues, Yvon Jussaume, Facebook (gayquebec2025)

Né Michel Seunes en 1932, Michel Conte aura été un artiste aux multiples talents tour à tour chorégraphe pour la télévision et la scène, auteur-compositeur-interprète et metteur en scène d'opéras, d'opérettes et de comédies musicales. Mais c'est comme auteur de la chanson Évangéline qu'il est passé à l'histoire au Québec et en Acadie.

Michel Conte

Issu d'une famille paysanne. son talent est vite remarqué et il quitte sa Gascogne natale à treize ans pour étudier le piano et la composition au Conservatoire de Paris, puis la danse à Biarritz et il évolue ensuite en France dans le milieu du ballet classique. Au début de la vingtaine, il fréquente les salons parisiens où il côtoie Jean Cocteau et Charles Trenet qui lui prodigue ses encouragements. En 1955, il quitte la France après son service militaire et s'installe au Québec après avoir rencontré Raoul Jobin de la Maison du Québec à Paris.

Il débarque au Québec en octobre 1955 au moment où naissait la télévision à laquelle il imprimera sa marque en signant des chorégraphies innovantes, des ballets classiques présentés par Henri Bergeron à L’Heure du Concert aux fonds scéniques de l’émission de music-hall du dimanche. Il chorégraphie plusieurs ballets présentés à la télévision ou écrit de la musique qui sera utilisée par les grandes troupes de ballet canadiennes. Il mettra en scène plusieurs opéras, opérettes et comédies musicales, tant à la télévision que sur les planches. Le chorégraphe et danseur devient ainsi en quelques années une référence incontournable de la télévision canadienne en matière de danse et il influence directement le milieu en dehors de la télévision.

Mais c'est au cours des années 1960 qu'il entreprendra une carrière d’auteur-compositeur en composant des chansons pour Lucille Dumont, Monique Leyrac, Julie Harel, et Renée Claude pour qui il compose Shippagan qui met en scène l'exil acadien et qui deviendra un de ses grands succès. Et finalement, en 1971 il s'inspire du poème Evangeline, A Tale of Acadie de l’auteur américain Henry Wadsworth Longfellow (1847), pour écrire Évangéline, cette chanson sur l’héroïne fictive des Acadiens, Évangéline et son bel amant Gabriel, lors du Grand dérangement qui sera interprété par Isabelle Pierre et qui deviendra pour elle aussi son plus grand succès.

C'est en 1980 que Michel Conte bien avant que ce soit à la mode. fait sa sortie et parle de sa bisexualité dans Nu... comme dans nuages, un récit autobiographique.

En 2001, la partition de Évangéline, écrite trente ans plus tôt reparait et est interprétée successivement par Marie-Jo Thério, Lyne Lapierre et, plus récemment, Marie Williams et Annie Blanchard ce qui lui donne une deuxième vie à la radio et à la télévision.

Marie-Jo Thério

En octobre 2006, à l’âge vénérable de soixante-quatorze ans, il reçoit de la SOCAN une plaque rappelant la première position de cette chansons à divers palmarès au cours de l’année écoulée. Le 28 octobre, lors du Gala de l’ADISQ, sa chanson Évangéline gagne le prix de la chanson de l’année. À cette occasion, le vétéran Michel Conte s’est déclaré « ému de recevoir » un prix pour cette chanson écrite il y a quarante ans. », en poursuivant que c’était « un miracle et un cadeau. » En entrevue à la télévision à cette époque, il rappelle que lorsqu’il avait écrit la chanson Évangéline « les Québécois ignoraient l’existence de l’Acadie. « Je fus le premier à parler de l’Acadie, et ça on ne pourra me l’enlever. »

Évangéline, interprétée par Isabelle Pierre en 1971

https://youtu.be/r4QtCJ0g0cI

Shippagan, interprétée par Renée Claude

Renée Claude

https://youtu.be/_CU-7zoOWbw